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Le DSM est-il comestible ?



    Le schizomètre a l’apparence d’un mètre dépliant et se décline aussi en toise. Avec lui tout le monde peut se « schizométrer », c’est pratique.
    L’instrument créé par un praticien méconnu de l’art brut, Marco Decopeliada , s’appuie sur une comparaison ô combien rigoureuse entre les codes chiffrés du DSM 4 - le manuel de diagnostic de référence de la psychiatrie américaine et mondiale - et ceux – les mêmes donc – qui figurent dans le catalogue Picard surgelés. 14.5 ce n’est pas seulement « troubles psychotiques », c’est aussi « « 12 boulettes de viande hachée ». 07 ce n’est pas « modification de la personnalité », mais « haricots verts extra fins cueillis à la main, Maroc ».
    De quoi faire mentir le proverbe : « comparaison n’est pas raison ». Comment cette découverte, qui devrait transformer considérablement notre perception de la psychopathologie, est-elle survenue ?
    Le journal de Marco Decopeliada , daté de 2005, a été patiemment repris par Marcel Bénabou, Dominique de Liège, Laurent Cornaz, Yan Pélissier et Jacques Adam, membres de l’OUSPYPO, pour être publié ces temps-ci aux éditions EPEL. Les schizomètres produits par l’artiste dans un atelier d’art-thérapie (voir fiche de survie n°1) sont exposés à la Maison rouge.
    Le tout forme une œuvre dont on pourra certes discuter le statut – fiction d’art brut ? – mais pas la qualité.
    Une critique néanmoins : le livret du DVD glissé dans le livre est plutôt décevant, la lecture préalable du journal s’impose donc.
    Une autre : Decopeliada , c’est vraiment imprononçable.
Hervé Guillemain